Si je pouvais tout vous dire…

J’ai écrit ce texte à la fin de l’atelier d’exploration émotionnelle Devenir parent.

C’est ce qui est sorti après avoir écrit et échangé sur toutes les émotions contradictoires par lesquelles on passe en devenant parent. Je l’aime beaucoup ce texte ; il est pour moi juste et sincère de ce qui vit en moi. Je crois qu’il dit aussi des choses qu’on cache souvent sous silence, c’est pourquoi j’ai décidé de le partager ici.

Crédit photo (libre de droits) : Free-photos

Mes enfants,

Si je pouvais tout vous dire, je vous parlerais de cette peur qui me tord le ventre, parfois de mal faire, de ne pas vous permettre de vous épanouir, de vous faire du mal. Mais aussi de la peur du monde, de ce qu’il peut vous faire vivre, de ce qu’il peut vous causer comme mal… Irréparable ?

J’essaie de me dire que je vous donne les cartes et que vous allez participer au monde pour le changer un peu… Mais êtes-vous assez armés ?

On n’est jamais à l’abri d’un malheur. Et si on se dit tout, je sais que la mort frappe au hasard et que la nature n’a pas de justice. Même si j’essaie de ne pas y penser.

Si je pouvais tout vous dire, je vous parlerais aussi de ma lassitude, de mon ras le bol parfois d’avoir à être votre mère.

De mes questionnements : est-ce que ce rôle était tant que ça fait pour moi ?

C’est souvent la fatigue qui parle et le besoin d’une pause. Aussi la nostalgie d’une insouciance que je ne retrouverai jamais. Voilà, parfois, je voudrais que vous ne soyez pas là.

Et en même temps, putain, cet amour, cet épanouissement, cette joie profonde que vous apportez à ma vie. Vous êtes des évidences.

Je ne crois pas que je puisse vous dire trop que je vous aime. Alors je vous le dis déjà. Mais si je pouvais tout vous dire, il faudrait que je brode sur cette fierté profonde d’avoir l’immense honneur de vous accompagner dans la vie. Cette gratitude à la vie de vous avoir confiés à moi. Je ne le dis pas trop pour ne pas vous faire porter une quelconque pression, et peut-être aussi pour ne pas que vous en tiriez une impression d’être supérieurs…

Mes enfants, vous êtes deux rencontres fondamentales dans ma vie, c’est une expérience inouïe et intense, une chance et un poids incommensurables.

Maman.

Voilà le texte tel qu’il est sorti. Il est personnel et en même temps un peu universel, il fait sans doute des résonances. S’il peut vous permettre de mettre des mots sur ce qui vit aussi en vous, par symétrie ou opposition, j’en serai heureuse. C’est avec cette idée de vécus uniques mais de partage d’écho que j’ai fondé le principe de mes ateliers collectifs.

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