Mon mariage civil aux Pays-Bas : la semaine qui précède et ses prises de tête

Cet article a été écrit en septembre 2014, bien avant que j’offre l’exploration émotionnelle. J’ai décidé de republier ces chroniques sur ce site car elles sont précieuses pour moi, elles peuvent aussi inspirer d’autres futur·e·s marié·e·s. Et puis, il y a dans ces écrits-là déjà le partage de mon cheminement autour des émotions.

Je laisse donc la parole à Claire jeune mariée…

Maintenant que je t’ai fait part de mes sentiments post-mariage, il est temps de reprendre le récit chronologiquement…

Dans la chronologie, je t’avais donc laissé à mes émotions pré-mariage… Mais je croyais que du côté de l’organisation du jour J en question, pas de problème, tout roule…

Alala, naïveté, quand tu nous tiens !

Ici, il est temps de rétablir la vérité : contrairement à ce que je prétendais il y a quelques semaines, les préparatifs du mariage civil ont été prises de tête !

La semaine qui précédait le mariage, j’ai même fait quelques crises de larmes et une scène, bref on a eu le droit au moment de panique / colère / énervement.

Allez, morceaux choisis des jours précédents :

Va-t-on y aller à pied ?

Le cortège de vélos, c’est l’une des premières idées que j’ai eu pour ce mariage. Et j’y tenais (ce qui est assez drôle quand on sait qu’adolescente, j’ai fait un rejet du vélo… Alala, les lubies de la puberté…) !

Louer des vélos quand tu habites au cœur de la Hollande (attention minute culturelle : la Hollande, ce n’est qu’une région des Pays-Bas mais pour le coup, moi j’habite bien en Hollande), ça a l’air facile… Et en effet, ça l’est ! Parce que toutes les gares dignes de ce nom ont un service de « vélos publics », wouhou !

Sauf que bon, les vélos de la gare, ils ne sont pas super classes, ils peuvent être vite en rupture de stock et, surtout, j’étais séduite par l’idée du tandem… Depuis que je l’avais vu sur le site d’un autre loueur de vélos de la ville !

Merveilleux, un loueur qui fait des vélos hollandais classes et qui a aussi un tandem et un bakfiets (minute culturelle bis : ce vélo super répandu aux Pays-Bas a une caisse à l’avant où on peut transporter beaucoup de choses et les néerlandaises musclées arrivent à y mettre leurs trois enfants. Apparemment, il est officiellement appelé biporteur ou triporteur en français suivant le nombre de roues) ! Le bakfiets représente un petit budget supplémentaire mais c’est tellement néerlandais et pratique pour transporter des affaires ! Parfait (Youpi !) jusqu’à ce que je me rende compte que le magasin n’est pas ouvert le lundi matin (Aaah…) !

Mais, en lisant les petites lignes, je me rends compte qu’ils permettent un service hors des horaires d’ouverture pour les clients d’un hôtel du coin. Je me dis donc qu’il y a peut-être moyen de négocier ! Et j’envoie donc l’Amoureux… (non parce que bon, moi, négocier en néerlandais… ça me fatigue rien que d’y penser !)

Les loueurs sont plutôt ouverts sur le principe (Youpi !) mais il faut voir en fonction du nombre de vélos qu’on veut louer (Aaahh…). Et là, il nous faut donc recontacter nos invités qui sont encore aux réponses absentes pour la question du vélo !

Après compte, on a assez, c’est parfait ! (Youpi… Tu l’attends le « Aaahh » là ?)

Forcément, c’était trop simple… Il a fallu que, 5 jours avant le mariage, les cousins de l’Amoureux ne puissent plus venir en vélo pour remettre en cause tout le truc. J’étais un poil fébrile à ce moment-là et je me suis donc mise à pleurer comme une madeleine quand l’amoureux me l’a annoncé…

Mais, sur ce coup-là, mon Amoureux a eu plus de sang froid que moi et m’a dit « Mais ne t’inquiète pas, on va demander à mes parents s’ils sont d’accord pour louer des vélos au lieu d’amener les leurs sur la voiture ».

Le problème était (enfin) réglé et le jour J, il y a bien eu le cortège de vélos et les mariés en tandem (et même plus de personnes que prévu qui ont loué un vélo…). YOUPI (pour de bon cette fois) !!!

Et, tout à fait objectivement, je trouve qu’on a trop la classe sur notre tandem !

Comment mon pique-nique au bord du lac a failli avoir l’air d’un anniversaire traditionnel néerlandais !

(Oui, je traine un traumatisme de ces anniversaires, même que ce fut sujet d’une petite blague à notre fête du 2 août mais je t’en reparlerai !)

Reprenons l’idée de départ : cortège de vélos + pique-nique au bord du lac.

Il était temps, à moins d’une semaine du jour J, de remettre en cause la deuxième idée, non ? (Je trouve que non, hein… Mais bon, sans imprévus, problèmes et petites prises de bec de la dernière ligne droite, peut-être que les préparatifs de mariage manqueraient un peu de piment… qui sait…) !

Il y a un truc dont je ne t’ai pas parlé dans ma super organisation, ce sont les besoins vitaux.

Non, je ne parle pas de mon envie de crier « je suis mariée » à travers toute la ville le jour J, mais quelque chose de plus vital encore paraît-il : où nos invités vont-ils faire pipi ? Glamour, hein… N’empêche que voilà, c’est une question qu’elle est bonne, ma petite dame…

Au début des préparatifs, la question m’avait traversé l’esprit et avait été résolu très simplement : il y avait des toilettes publiques juste à côté de là où on veut célébrer notre union. Sauf qu’à une semaine du jour J et ben, on s’aperçoit que les toilettes ont été enlevées. Youpi, tralala – ironique cette fois !

Comme on était à quelques jours du mariage, que toute mon attention était focalisée sur les prévisions météorologiques et qu’il ne m’est même pas venu à l’esprit qu’il puisse y avoir une autre raison suffisante de changer les plans… J’ai balayé le problème d’un « et ben il y a des buissons et le lac… et, au pire, il y a quelques maisons et un café pas loin, on pourra toujours demander en cas d’urgence pour les grand-mères » !

Sauf que la semaine avant le mariage, c’est le moment où l’organisation commence à inquiéter tout le monde et, du coup, mes beaux-parents ont apparemment posé la question…

Un soir, je rentre du boulot et l’Amoureux me sort texto (je te fais juste la traduction) : « J’ai parlé avec mes parents, ils disent qu’on peut pas faire notre fête au lac s’il n’y a pas de toilettes. Et que le plan B peut être chez eux. Et puis, faudrait prendre une décision vendredi pour savoir si on le fait dehors ou pas parce qu’il faut prévenir les invités ».

Ahhh, les capacités diplomatiques de l’amoureux, parfois…

Devant ce que je prends comme une attaque frontale, je suis tellement énervée que je n’arrive pas à m’exprimer. Je boude donc… Et je remue les phrases dans ma tête avec plein de « ce n’est pas possible » entre deux (l’expression « chez eux » ayant été aussitôt associée avec l’image : tout le monde assis dans un cercle de chaises autour de la table basse à parler bien sagement aux voisins sans faire trop de bruit ! Et j’ai passé trop de temps à m’ennuyer, à ces fameux anniversaires, pour voir un potentiel sympa à tout ça). En gros, je me monte le bourrichon pour bien exploser quelques heures plus tard… La voici ma scène de drame !

Après explication avec l’Amoureux (non, ses parents ne veulent pas ruiner nos belles idées mais seulement nous aider. Oui, il est d’accord sur le fait que c’est dommage d’abandonner l’idée originale de départ si près du but), on décide d’aller en parler avec l’entité parentale pour trouver une solution ensemble. Parce qu’on a résolu suffisamment de problèmes pour renoncer devant les derniers…

Mes beaux-parents me feront remarquer que vraiment, je ne fais pas simple et je leur répondrais gentiment que oui, pour preuve, j’aime leur fils – ouais, moi aussi la diplomatie, ce n’est pas mon truc… Mais ça les fait rire ! C’est donc presque détendus qu’ils proposent de louer des toilettes chimiques.

Je n’aurais pas ajouté cette dépense de plus à notre budget (déjà vraiment explosé pour le mariage civil) mais c’est une solution qui satisfait tout le monde alors c’est parti pour les toilettes ! (Je t’aurai bien montré une jolie photo de ce sujet de débat mais, malheureusement, je n’en ai pas, la société de location ayant eu l’intelligence de les mettre dans un coin discret) !

Le petit bonus de stress dans l’histoire, c’est que ma belle-mère avait appelé l’organisme municipal qui gère les bords du lac pour savoir s’ils comptaient remettre les toilettes (à J-5, on peut espérer !) et que du coup, on lui a répondu « Mais vous organisez un évènement sans l’avoir déclaré ?! Il faut remplir un formulaire pour avoir l’autorisation » !

À J-4, le jeudi donc, sachant qu’on se mariait le lundi que ces gens ne travaillent forcément pas le weekend, l’Amoureux a rempli le formulaire et appelé pour expliquer qu’étant en petit comité, sans musique, on ne pensait pas avoir besoin de déclarer (notre formulaire ne contenant finalement pas grand chose sauf les fameux toilettes). Pour ma part, j’ai déclaré que si on n’avait pas de réponse, on considérait qu’on avait le droit parce que bon, vraiment, on avait eu trop d’étapes à passer pour se faire arrêter si près du but.

Mais le vendredi, vers midi, on recevait l’autorisation avec une petite facture (moins de 20 euros heureusement).

Allez, on allait pouvoir se marier !

Mais avant ça, il y avait le weekend avec l’arrivée de ma famille, l’enterrement de vie de garçon de Monsieur (oui, si près du mariage…) et les questions de dernière minute… Et puis, l’incertitude de la météo aussi…

Je reviens te raconter tout ça bientôt !

Mais je ne voudrais pas que tu stresses rétroactivement pour moi… Alors, voilà, une petite photo pour te montrer qu’on a bien eu notre pique-nique au bord du lac et même que mon beau-père m’a dit à la fin « ça valait vraiment le coup, Claire ! » (oui, oui, je suis fière…)

(Oui, d’accord, c’est un peu le bazar, mais un bazar joyeux ! Je crois qu’on était en train d’installer… C’est la seule photo d’ensemble que j’ai et je te garde les détails pour plus tard !)

Et toi, as-tu aussi des petits soucis, des coups de stress, qui te freinent dans l’organisation de ton mariage ? Des grosses frayeurs ? Ou même, des remises en cause de tes plans ? Raconte !

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