« Tu dis non »

Heureuse de vous (re)trouver par ici !

Aujourd’hui, j’inaugure cette partie blog de mon tout nouvel espace avec un texte d’écriture créative.

Genèse du texte

Ce texte a été écrit lors d’un atelier d’écriture que j’ai fait (en ligne) avec la talentueuse Amélie Charcosset.

(Aparté / Fun fact : c’est aussi lors d’un atelier d’Amélie que l’idée des ateliers d’exploration émotionnelle m’est venue. D’un coup, j’ai vu de la lumière : et si j’utilisais les contraintes de l’atelier d’écriture pour faire creuser en soi ? On en reparle bientôt !)

Le thème de l’atelier était « Courage » et la consigne de l’exercice était un monologue expliquant les raisons d’un acte de courage.

Amélie nous a demandé de ne pas trop réfléchir au choix de l’acte de courage, alors quand la première idée qui m’est venue a été « un enfant qui fait des difficultés à aller à la sieste » – même si c’était un peu incongru, j’ai décidé d’expérimenter sur ce thème, après tout, c’est le principe d’un atelier d’écriture, l’expérimentation.

Le texte qui est sorti de ces 15 minutes d’écriture me plait beaucoup, j’ai donc décidé que plutôt de le laisser au fond d’un carnet, j’allais le partager avec vous.

Mon texte : Tu dis non

Tu dis non. Non, tu n’iras pas faire la sieste.

Non, non, non. En tapant du pied et en secouant la tête.

crédit photo libre de droits : Martakoton

Maman te dit « tu es fatiguée, quand on est fatigué, tout est difficile, tu pourras mieux jouer après t’être reposée ».

Tu dis non. Pas qu’elle ait tort. Oui, tu es fatiguée, et oui, tout va mieux quand on est reposé. Mais à 2 ans, ça t’est égal, ça te parait trop loin, trop abstrait. Non, non.

Il est possible que tu dises non pour exprimer vaillamment que tu es grande, que tu as ton opinion propre, que tu as une voix (et quelle voix…), tu peux décider. Tu n’es plus un bébé, non, ça non !

C’est probable aussi que la vie te paraisse trop intéressante, il y a trop à découvrir pour se permettre une pause. Et si les plus belles aventures commençaient sans toi à ce moment-là ?

Non, pas de sieste.

Autre possibilité : tu as peur, peur de fermes les yeux, peur que ce maman disparaisse de ta vue, de ta vie. Et si elle partait ?

Non, trop risqué.

Et puis, il y a les cauchemars possibles. Dans le sommeil ou en le cherchant. Y-a-t-il un monstre sous l’armoire ?

Non, tu ne dormiras pas.

Tu ne veux pas peiner maman, tu sais qu’elle va être agacée, énervée peut-être très fâchée de ce non. Mais tu as ce courage-là.

Tu lui dis non.

Sans doute aussi pour qu’elle reste un peu plus.

Et que tu puisse finalement t’endormir dans ses bras…

4 commentaires

  1. Très beau texte et tellement réaliste. Ils ont tellement de choses dans leur tête nos petits bouts et parfois beaucoup de mal à l’exprimer. Et ils sont tellement courageux et forts.
    Ta nouvelle aventure s’annonce très intéressante. Je te suivrais avec plaisir ici aussi.

    Si tu t’en sens l’inspiration, l’envie et que ca rentre dans ton thème, j’aimerai beaucoup des articles aussi sur les enfants francais qui naissent et grandissent dans un pays non francophone. (Comment gérer leur apprentissage du francais alors que tout le monde leur parle une autre langue?) Et aussi comment appréhender la différence de gestion des émotions. (En bon français, on se plaint, on parle fort, on dit ce que l’on pense… alors que notre pays d’adoption est dans le style on se contente de ce que l’on a, tout va toujours bien et on ne se plaint jamais. Gros contraste pour notre bébé.)

    Juste une petite chose : « Pas qu’elle est tord. » « Pas qu’elle AIT torT. » me paraîtrait plus correct.

    1. Claire Schepers says:

      Merci de ton commentaire, de la remarque orthographique (corrigée) mais surtout de tes idées.
      Je compte bien continuer à parler de mes enfants et de leur apprentissage du français langue minoritaire. 🙂

      Je note pour la question de la différence culturelle de l’appréhension des émotions. Tu es dans quel pays ?
      Après, là tout de suite ce que ça m’inspire c’est que se plaindre ou ne pas se plaindre sont deux options mais qu’ils en existe une troisième qui est de verbaliser ses émotions comme émotions seulement et comme expressions de ses besoins… Ce en quoi je crois mais qui peut surprendre dans les 2 côtés !
      Bref, le sujet m’inspire, je note, je note !

      1. Super si ça t’inspire. 🙂 Et je lirai tes articles sur tes enfants avec plaisir. Ca me donnera un peu d’avance pour savoir à quoi m’attendre.

        Je suis en Suède. On essaye aussi de bien verbaliser les émotions et c’est à l’air d’être fait à la crèche mais en petite mesure. On encourage moins, on félicite moins (et on ne punit, gronde ou décourage jamais). On ne demande pas vraiment comment ca va, parce que ca va forcément bien. On ne peut pas vraiment être frustré car il n’y a pas vraiment d’interdit. On essaie de ne pas se faire remarquer.
        Je pourrais faire des listes longues comme le bras de tout ce qui diffère entre la France et la Suède (en bien et en mal). Mais ce n’est pas vraiment le sujet de ton blog. :-p

  2. tiphanya says:

    Félicitations pour ce projet qui éclot, pour ce nouveau site et pour ce premier partage. Je te souhaite de poursuivre ton épanouissement et tes propres apprentissages !

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