Qu’est-ce que c’est « un couple mixte »?

Cet article a été écrit en avril 2014, bien avant que j’offre l’exploration émotionnelle. J’ai décidé de republier ces chroniques sur ce site car elles sont précieuses pour moi, elles peuvent aussi inspirer d’autres futur·e·s marié·e·s. Et puis, il y a dans ces écrits-là déjà le partage de mon cheminement autour des émotions.

Je laisse donc la parole à Claire fiancée…

Je te le disais récemment, je n’aime pas l’appellation « couple mixte ». Ça fait un peu vestiaire de piscine municipale…

Mais parce que je suis une folle des mots, j’ai voulu savoir pourquoi je n’aimais pas. Donc : qu’est-ce qui se cache derrière cette idée de couple mixte ?

Crédits photo (libre de droits) : Torbjornalander

Je suis donc d’abord aller voir du côté de mon dictionnaire en ligne préféré.

Mixte : « qui comprend deux ou plusieurs éléments de nature différente ». Et au niveau des synonymes, on trouve : composite, mélangé, bâtard, hybride…

Tu trouves que ça donne envie ? Non, mais en plus, ça ne veut rien dire ! C’est quoi des natures différentes ? Le sexe ? La religion ? La nationalité ? La langue ? La culture ? Les centres d’intérêt ? Les qualités, les défauts ? Les valeurs ? L’éducation ?

Bon, cherchons maintenant du côté de « couple mixte ».

Si tu tapes cela sur google, il y a deux aspects qui semblent apparaitre : une différence religieuse et une différence d’origine.

Couple mixte : la différence religieuse ?

En ce qui nous concerne, nous ne nous sentons pas d’une religion différente.

Nous sommes chrétiens tous les deux. Il a été éduqué protestant, et moi catholique. Nous ne sommes pas très pratiquants. Nous allons volontiers dans l’église de l’autre. Ça rend les choses un peu plus compliquées, pour préparer notre cérémonie religieuse de mariage (promis, quand les choses seront plus claires, je te fais une chronique sur une bénédiction nuptiale trilingue et œcuménique).

Mais pas de problème de ce côté-là pour le moment. On discute, on réfléchit, on s’écoute. J’ai plus l’impression que ça fortifie notre foi et notre amour, que ça ne nous sépare… Et finalement, comme on considère qu’on a la même religion et des pratiques différentes, on a adopté l’adjectif « interconfessionnel » qui nous parait beaucoup plus juste que « mixte ».

Si ton couple est aussi interconfessionnel, je te conseille d’aller voir par là : l’association française des foyers mixtes interconfessionnels chrétiens. Le message aux jeunes couples nous a beaucoup parlé, je partage donc avec toi la conclusion :

« Faites d’abord ce que vous trouvez important pour votre couple, pas pour vos églises ou pour les autres. Prenez des risques. Agissez suivant vos convictions.
Aimez-vous par dessus tout, soyez chrétien avant d’appartenir à une autre confession et Dieu pourvoira au reste. »

Couple mixte : la différence d’origines ?

C’est sans doute plus important, dans notre couple.

Pourtant, on vient du même continent. Et nos différences ne sautent pas aux yeux (y a qu’à regarder nos photos de couple, on nous a déjà dit qu’on avait l’air de frère et sœur !). Après tout, y a bien l’idée d’une identité européenne non ? (Bonjour, nous sommes des bébés de L’Auberge espagnole…)

D’ailleurs, je n’ai pas l’impression d’avoir vécu beaucoup de chocs culturels depuis le début de notre aventure de couple. Faut dire qu’on avait tous les deux voyagé avant. Qu’on a une langue en commun (l’anglais). Qu’on s’est rencontrés en terrain neutre, et entourés de gens de plein de nationalités (merci CouchSurfing). Et puis, moi, j’ai eu des cours pour prendre conscience des différences culturelles. Et l’amoureux, il a pris des cours de français et a passé pas mal de vacances en France. Les français, il avait déjà une vague idée de comment les aborder…

Mais comme tout le monde, nous sommes ethnocentrés. Alors on a nos petits moments d’incompréhension.

Exemple : l’amoureux qui dit qu’on va voir ses parents ce soir. Puis, vers 18h30, il demande ce que j’ai envie de manger… « Mais tu m’as dit qu’on allait manger chez tes parents ! » (J’aurai juré d’avoir entendu ça !). Non, ici, tu peux être invité-e à l’heure de ce que tu crois être un repas, et ne pas y manger. D’ailleurs, l’idée d’heure de repas n’est pas si importante (je peux donc avoir des cours de 10h à 14h sans pause-déjeuner et sans que ça ne choque personne – sauf mon estomac…). Rien de grave, donc, mais des petits riens qui rappellent qu’on n’a pas la même culture !

C’est souvent plus gênant quand c’est dans un cercle plus grand.

Couple mixte : la question de la langue ?

Surtout quand il y a la barrière de la langue. Ça veut dire quelques moments de solitudes, quelques incompréhensions dans les mœurs de la famille, quelques malaises à se sentir idiot-e avec les amis. Mais ce n’est pas tabou et nous essayons d’en parler quand ça arrive.

C’est pour ça qu’il est important pour moi de pouvoir parler la langue de l’autre. Pour mieux comprendre et me sentir un peu moins étrangèr-e. Mon néerlandais n’est pas encore courant, mais ma compréhension est plutôt bonne et je me débrouille pour dire ce que je veux.

D’ailleurs, je compte dire mes vœux en néerlandais et faire un discours lors de notre repas de mariage. Ce serait un joli cadeau, je crois, pour ses proches. Monsieur, de son côté est mon meilleur élève et il a même accepté de faire sa préparation spirituelle dans une paroisse francophone.

La langue de l’autre fait donc partie de notre vie. Même si l’anglais reste notre langue-terrain-commun-neutre. Dans les faits, nous parlons au quotidien un mélange des trois langues. Langues que nous ne maîtrisons pas forcément à la perfection… Cela peut aussi créer des confusions. Utiliser un mot pas tout à fait comme il faut, ne pas sentir la connotation négative, ça peut créer des conflits sur juste un problème d’intercompréhension. Il faut être prudents, avec l’implicite, il faut sentir le malaise possible…

Alors, encore une fois, nous discutons, nous écoutons. Dans notre couple, nous parlons et nous parlons. Beaucoup. De tout et de rien. Nous avons appris à dire « ça ne va pas », « je ne comprends pas », « pourquoi ? »…

Couple mixte : ma conclusion

Alors oui, on a des différences. On en rit beaucoup aussi ! Mais je ne dirais pas que nous sommes « de natures différentes ». Nous partageons des valeurs, des principes, des idées, des projets et beaucoup d’amour.

Je me dis souvent qu’il peut y avoir des différences bien plus importantes pour des couples de même langue, nationalité et confession, juste pour une question d’éducation et/ou de milieu social par exemple. Que quand on habite avec quelqu’un, on se rend bien compte qu’on a tous une culture familiale propre…

On est peut-être tous un peu des couples mixtes, finalement, non ?

Enfin, je me dis que nos solutions pour endiguer les problèmes que nos différences pourraient créer, sont des solutions qui me semblent la recette adéquate à tous les conflits de couple : communiquer, dire ce qui ne va pas, expliquer ses peines, ses joies, ses déceptions, ses sentiments petits et grands et être à l’écoute de l’autre, chercher à le/la comprendre, à ne pas le juger trop vite, à l’accepter avec ce qui fait ce qu’il est…

Et là, on se rend compte aussi que nos différences peuvent être des richesses très précieuses. Parce qu’elles nous permettent de réfléchir, de découvrir et souvent d’aimer !

Alors, il parait que dans ces mariages riches (ça sonne mieux que mixte, non ?), le plus difficile, c’est quand des enfants arrivent. Parce qu’on dit que « c’est là que se cristallisent les phénomènes de tradition, d’habitudes, de vision du monde, de souvenirs d’enfance ». Même pas peur ! Le mariage est un ensemble de bonheurs et de défis à relever… J’ai confiance !

Accepter qu’il puisse y avoir des différences, c’est déjà la moitié du chemin de fait, non ?

Et toi, tu trouves ton couple riche en différences ? Lesquelles ? Tu te définis comme un couple mixte ? Dis-moi ce que tu en penses… 

1 commentaire

  1. […] Tu sais, la barrière de la langue, de la culture, elle était bien là, surtout au début. Et j’aurai à te raconter quelques petits problèmes d’incompréhension culturelle auxquels nous avons eu à faire face. Mais je crois que notre concept de mariage participatif a permis quelque chose de merveilleux : créer des liens. […]

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