L’amour comme un jardin

Cet article a été écrit en mars 2014, bien avant que j’offre l’exploration émotionnelle. J’ai décidé de republier ces chroniques sur ce site car elles sont précieuses pour moi, elles peuvent aussi inspirer d’autres futur·e·s marié·e·s. Et puis, il y a dans ces écrits-là déjà le partage de mon cheminement autour des émotions.

Je laisse donc la parole à Claire fiancée…

Aujourd’hui, on va parler d’un truc pas glamour. Un truc pas rose, bisounours, chamallow ni liberty. Aujourd’hui, j’ai envie de te parler des doutes que tu pourrais avoir par rapport au mariage.

Non, je ne veux pas parler des doutes sur ta robe, même si, vu le prix que ça coûte en général, on est en droit de se poser des questions… Je ne vais pas non plus te parler des doutes sur le mariage, dans le sens des noces.

Non. Je vais te parler du truc vraiment sérieux, vraiment important.

Crédits photo (libre de droits) : 2023852

L’engagement que vous, ton amoureuxse et toi, allez prendre : votre Mariage, au sens profond du terme. Je vais te parler de toutes ces années à venir ensemble et des questions que tu te poses peut-être, comme moi…

Un mariage, ce n’est pas que la déco et la jolie robe. On sait que c’est pas toujours évident de savoir, d’être sûre…

C’est le moment de te raconter un peu ma vie.

Question d’âge et d’expérience ?

Tu le sais, je suis plutôt jeune.

Je dirai « ja/oui » à 26 ans. Quand j’ai rencontré l’Amoureux, j’en avais 21. C’est le premier homme de ma vie. Il y a bien eu quelques garçons qui faisaient battre mon cœur avant lui, mais rien de bien concret. De son côté, il a eu une longue histoire, mais avec quelqu’un de très traditionaliste, qui attendait le mariage pour beaucoup de choses. Donc oui, nous avons partagé des premières fois…

A côté de cela, je ne crois pas vraiment à la théorie de l’âme sœur, au fait qu’il n’y ait qu’Un Homme qui nous destiné, et que c’est lui, et qu’on le sait tout de suite, et que ça ne peut pas en être un autre. Je n’y crois pas, parce que je trouverais ça triste… C’est-à-dire que s’il arrive quelque chose à « l’âme sœur », ou si l’un de vous fait une grosse bêtise et fiche tout en l’air, c’est cuit, c’est foutu, vous avez loupé LA chance. Je pense qu’on peut avoir plus d’une belle histoire !

N’empêche que dans notre histoire à nous, les choses se sont faites avec évidence. On ne s’est jamais posé beaucoup de questions, les étapes sont venues d’elles-mêmes et on a toujours été très heureux de franchir des caps si naturellement. Je ne pense pas qu’il soit l’homme qui m’est destiné pour toute ma vie, non… Mais je pense que c’est l’homme que je veux choisir chaque jour de ma vie. Je pense qu’on est heureux ensemble, et qu’on peut l’être pour toujours. Et je n’ai pas besoin de l’avoir comparé avec un autre pour cela.

J’ai en tête une image un peu simple, mais qui me parle beaucoup : l’amour est comme un jardin.

Il peut être magnifique. Il peut avoir des difficultés à fleurir. Il a besoin d’entretien. Pour moi, nous sommes les jardiniers, nous devons prendre soin du jardin pour pouvoir vraiment en profiter. Quand je dirai, à l’église : « Je te reçois comme époux et je te promets de te rester fidèle dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t’aimer tous les jours de ma vie », à  mon sens, je dirai quelque chose du type : « Je m’engage à prendre soin de notre jardin, à faire de mon mieux pour l’entretenir, le faire fleurir ».

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de moments difficiles, pas d’erreur commise, pas de maladies à nos fleurs… Mais je ne crois pas que ce soit mon âge et notre manque d’expérience qui feront la différence. Je crois que ce qui compte, c’est ce qu’on est prêts à s’investir pour notre « jardin ». A faire le choix, chaque jour, de s’investir dans son entretien et sa beauté.

Question à la lumière des histoires des autres

Un autre point qui peut amener à douter, c’est de regarder autour de soi.

Un mariage sur deux finit en divorce. Et on ne compte pas les couples qui ne se marient pas, mais qui doivent séparer leurs biens et régler la garde des enfants après quelques années… En ce qui nous concerne, peu de nos proches ont divorcé. Après, certains passent par des crises qui ne sont pas jolies à voir. Mais il y a aussi la beauté de voir un couple de vieux assis sur un banc et sourire en regardant dans la même direction.

Il ne semble pas facile d’en arriver là, mais il m’apparaît aussi que le jeu semble en valoir la chandelle. Je trouve ça merveilleux de pouvoir s’endormir chaque soir près de quelqu’un de confiance, quelqu’un qui te serre dans ses bras quand ça va ou même quand ça ne va pas et qui est prêt à partager tes joies et tes peines. Et puis, pouvoir construire ensemble un projet, une famille, je trouve que c’est accomplissement de prix ! J’ai l’impression que ce qu’on peut faire a deux est potentiellement bien plus beau que ce que je pourrais faire seule…

Mais tout le monde n’a pas forcément le même avis.

L’autre jour, au boulot, j’ai glissé dans une conversation que j’espère avoir mes vacances à une certaine période, à cause de mon mariage. Et certains collègues ne savaient pas que je vais me marier. En moins de deux, la conversation a tourné à « Les désavantages de la vie de couple ». Il y a celle qui refuse d’habiter avec son amoureux pour garder sa liberté, et celle qui, après 25 ans de mariage, pense que si c’était à refaire, elle ne se marierait pas et ne ferait peut-être pas d’enfants.

Personne n’a cherché à me convaincre de ne pas me marier. C’était juste des avis spontanés. Je n’ai pas cherché à défendre ma position, parce que je ne me suis pas sentie attaquée. J’étais juste un peu triste d’entendre ça… Et forcément, je me suis dit qu’il fallait que je réfléchisse à leurs arguments. Le principal étant la liberté de faire ce qu’on veut… Est-ce qu’en me mariant, je renonçais à ma liberté ?

Oui, d’une certaine façon, parce que je m’engage auprès de quelqu’un. Je dois donc considérer cette personne, ses sentiments, ses envies avant de prendre une décision. Et forcément, il doit y avoir une part de concessions.

Est-ce que ça me pose problème de renoncer à une part de ma liberté ?

Question de projet de vie

Quand on décide de se marier, on ne pense plus seulement au présent, on fait un pari sur l’avenir.

Il se pose donc la question d’un projet de vie.

Quand j’ai connu l’Amoureux, mon projet de vie était différent. J’étais (et je suis encore) professeur de Français Langues Étrangères. Enseigner notre langue à des personnes dont ce n’est pas la langue maternelle est mon défi quotidien ! J’ai choisi ce métier par amour de l’enseignement, mais aussi par amour de la diversité. Je peux enseigner à tous les publics, mais je peux aussi enseigner dans plein de structures et plein de pays différents.

Pour une amoureuse de la découverte des cultures et des voyages comme moi, ce job est un rêve (je tiens à te préciser que mon banquier ne partage pas cette vision). Donc, à 19 ans, j’ai décidé de faire mes études par correspondance et j’ai commencé à voyager. Quand j’ai rencontré l’Amoureux, je faisais ma première année scolaire complète à l’étranger en tant qu’enseignante. Et j’avais en tête que ce serait la première d’une longue liste…

J’avais décidé de passer de six mois à deux ans dans un pays et d’en changer après. J’avais une liste de pays plus ou moins définie. Je voulais vivre plein de cultures avant de me fixer quelque part. Je savais aussi qu’à un moment, je voudrais partager le chemin de quelqu’un, fonder une famille, mais ce n’était pas dans un avenir immédiat.

Et puis, l’Amoureux est arrivé avec ses grands yeux et son sourire. J’étais bien avec lui. Je n’ai pas tout abandonné pour lui. Je suis allée en Colombie, je suis revenue plus vite que prévu mais l’amour n’était pas le premier responsable. J’ai voulu être plus près de lui, tout de même. Je suis allée en Allemagne. Et puis, après six mois, je me suis arrangée pour pouvoir venir aux Pays-Bas.

Ce pays n’était pas dans ma liste, à la base… Mais je n’y suis pas venue pour lui. J’y suis venue pour moi, parce que j’avais envie d’être avec lui. Plusieurs fois, l’Amoureux m’a demandé s’il ne me retenait pas. Il ne m’a jamais demandé de venir, de rester. Je suis venue, je reste parce que je suis bien avec lui. La distinction est vraiment importante pour moi.

J’ai toujours beaucoup tenu à ma liberté, et c’est pourquoi le mariage ne va pas forcément de soi… Donc oui, parfois, je me demande comment serait la vie si… ? C’est plus compliqué de s’expatrier à deux, de partir sur un coup de tête, de suivre sa voie tracée seule, ses idées de carrière. Dans notre cas, il y a aussi les questions de ton pays, mon pays, un autre pays ? Où c’est, « chez nous » ?

Donc oui, il faut faire des compromis, trouver des solutions qui conviennent au mieux aux deux.

Réponse(s) du cœur !

Mais pourquoi faire des compromis ?

Parce que je crois que ce serait difficile de vivre sans lui, maintenant. Et surtout pour… quoi ? Pour des projets et des rêves encore plus beaux, encore plus grands, pour une vie plus fleurie (j’y tiens, à mon image de jardin !).

Donc oui, par moment, je me dis « Et si je… ». Sont-ce des doutes ? Je ne sais pas.

Mais je crois que c’est bien d’accepter ces pensées. La vie est faite de choix, c’est humain de penser aux chemins qu’on n’a pas pris. Ces chemins qui auraient pu amener beaucoup d’aventures et de satisfactions, mais qu’on a laissé pour un autre, parce que cet autre est apparu comme le plus fort potentiel de bonheur. Je suis bien avec mon Amoureux. Et j’ai l’impression qu’à ses côtés, je suis quelqu’un de meilleur. Je suis capable de créer un avenir plus beau, plus ouvert. Je préfère l’amour qui nous traverse à tout ce que j’aurais pu faire.

C’est pour ça qu’en femme libre, cet été, je lui dirais deux fois « oui ». Et ces jours-là, je crois qu’il n’y aura pas de « Et si je » suivi de l ‘imparfait. Il y aura plutôt « Et nous » au présent et au futur !

Et toi, il t’arrive de te demander ce que la vie serait si tu prenais une autre voie que celle du mariage ? Tu penses avoir des doutes ? Elle te plaît, mon image de jardin ? Dis-moi ce que tu en penses… 

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